Promotion de la France Combattante

La campagne de Tunisie par Joan Guiguet

LA CAMPAGNE DE TUNISIE



Le 8 novembre 1942, le débarquement allié en Afrique du Nord trouve l’armée d’Afrique prête à reprendre le combat.

Surpris, les Allemands font venir d’importants renforts de Sicile et, bien vite, ils mettent ligne en Tunisie une petite armée de 50 000 hommes pendant que leur aviation entrave les débarquements des éléments alliés en Algérie.

Le 11 novembre, le gros des forces anglo-américaines sont encore à un millier de kilomètres de la frontière tunisienne. Au même instant, Rommel et son Afrika Corps, talonnés par la XVIIIème armée britannique, refluent en Lybie. Le général Giraud exerce le commandement suprême sur l’ensemble des forces françaises. Sur son ordre, la division de Tunisie se regroupe dans la vallée de la Medjerda. Son chef, le général Barré, repousse un ultimatum des Allemands et le 19 novembre 1942, pour la première fois depuis 1940, des forces régulières françaises reprennent le combat contre l’Axe. Le général Juin prend alors le commandement de cette division qui forme avec le XIXème corps d’armée (aux ordres du général Koeltz) le détachement d’armée française (DAF ; environ 80 000 hommes). Il reçoit la mission de couvrir la concentration alliée à partir de la dorsale tunisienne (massif au centre du pays). Les troupes françaises se maintiendront sur cette position par des combats très durs et par un temps épouvantable.

Après quelques semaines, l’ensemble des troupes alliées, sous les ordres du général britannique Anderson, opère sur le front de Tunisie. Face à elles, les forces allemandes cherchent à forcer l’étau allié de manière à recueillir dans les meilleures conditions l’Afrika Corps qui arrive de Lybie. Leur chef, Von Arnim, lance alors une série d’attaques.

La première est déclenchée le 18 janvier 1943 et a pour objectif d’écarter les alliés de Tunis. Elle parvient à forcer la position de défense mais est repoussée par une contre attaque blindée américaine. L’attaque est reprise le 30 janvier et permet aux Allemands de s’emparer de points clefs au sud du dispositif allié. La troisième offensive est lancée le 14 février à la demande de Rommel pour lui permettre de faire sa liaison avec les troupes de l’Axe de Tunisie. Le succès initial est total mais l’offensive s’essouffle. Les troupes françaises s’accrochent sur la dorsale. Le 22 février le danger est conjuré, les Allemands renoncent. Juin lit à ses troupes l’ordre du jour suivant :
« On ne dira jamais assez que c’est grâce à votre courage et à votre ténacité que nos alliés ont pu combattre en plein cœur de la Tunisie et resserrer l’étreinte autour de l’ennemi. On ne dira jamais assez la grandeur de vos sacrifices. Cette noble mission à laquelle l’armée de transition de l’Afrique du nord s’était préparée en secret, vous l’avez accomplie avec de faibles armes, celles qui vous étaient consenties et celles que vous aviez dissimulées. »


Rommel se trouve acculé sur la vielle ligne fortifiée Mareth, à la frontière libyenne, pris à la gorge par la VIIIème armée, que viennent renforcer la colonne Leclerc et les troupes sahariennes du général Delay. Rommel, rappelé en Europe, est remplacé par le général italien Messe.

C’est alors qu’est lancée la grande offensive alliée vers Tunis. Les Français sont au centre du dispositif d’attaque et foncent vers la région du Zaghouan. C’est un succès total. Le 15 avril, les forces de l’Axe sont enfermées dans un réduit englobant Bizerte, Tunis et le Zaghouan. Leur résistance est acharnée. Le 5 mai, le XIXème corps français enlève Pont-du-Fahs tandis que le 6 mai se produit l’attaque décisive qui mène les Anglais à Tunis. Le 13 mai, l’ennemi abandonne la lutte.

L’armée d’Afrique s’est battue sans désemparer du 19 novembre 1942 au 12 mai 1943 avec un courage remarquable. Elle a perdu 15 000 tués. Dépourvue d’armes modernes, elle a assuré seule la couverture de la concentration alliée et a soutenu le choc des blindés allemands. Elle a repris l’ascendant moral sur l’ennemi et joué un rôle capital dans la victoire alliée.

La suite, c’est la Corse, l’Italie, la Provence, le Rhin et le Danube.
A suivre, dans les prochains bulletins…





Joan Guiguet




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